Rouler en Traction avant

Rouler en Traction avant

Libres propos sur l'allumage transistorisé.

Dans cet article, nous allons rendre compte d'une expérience, effectuée depuis de nombreuses années sur la transformation de l'allumage Traction en 6 volts, en allumage transistorisé dont les avantages théoriques et pratiques sont suffisamment connus et commentés par ailleurs pour ne pas avoir à être répétés ici.

 

Différents montages et systèmes ont été testés, autant sur 11 4 cylindres que sur 15 SIX, et cela sur des durées et kilométrages divers et variés, et nous allons les commenter successivement.

 

Ils sont malheureusement tous affublés des deux même principaux défauts, à des degrés divers mais sans exception.

 

 

1°- Encrassement du rupteur par courant primaire trop faible. Les vis platinées ne s'auto-nettoient plus et la panne, souvent brutale, survient sans prévenir en route ou au démarrage. Phénomène très handicapant pour un fonctionnement serein et fiable de sa TA

 

2°- Démarrage très difficile par chute de tension de la batterie lorsque le démarreur, gros consommateur, est actionné. Nous sommes en 6 Volts, ne l'oublions pas.

Les composants électroniques internes des boitiers d'allumage ne fonctionnent plus dès que la tension chute, même de manière très minime pour certains, et on n'a tout simplement plus d'allumage ce qui est ballot quand on veut justement démarrer.

Dès que l'on relâche le démarreur, la tension remonte de suite et si le moteur est suffisamment lancé par une batterie vigoureuse, il arrive à finalement démarrer s'il est très bien réglé. Bien entendu ce n'est absolument pas satisfaisant non plus pour un fonctionnement fiable.

 

 

A- L'allumage conventionnel.

 

A la condition (impérative !) de le monter avec des pièces fiables et de qualité, soit du N.O.S. (new old stock, ou pièces neuves d'époque) c'est bel et bien le montage qui vous amènera au bout du monde, sans défaut et avec le luxe de pouvoir se dépanner au bord de la route en cas d'avarie et repartir au bout de quelques minutes à la condition d'avoir prévu le minimum dans le lot de bord:

 

 

lotbord02.jpg

 

Avec en plus juste une bobine de rechange, on gérera 99% des pannes d'allumage en un tournemain.

 

Il est évident qu'en allumage conventionnel, on n'aura plus aucun souci d'auto-nettoyage du rupteur.

De même, à la condition d'utiliser une bobine en bon état, on sera surpris de voir que l'on peut encore démarrer avec une batterie très déchargée:

Le record personnel est détenu par la 15 SIX où nous sommes arrivés à constater et mesurer un démarrage sous 4,3 Volts, avec un démarreur qui passait à peine les compressions. Inutile de préciser que sous cette tension, un module transistorisé se serait effondré depuis longtemps.

 

On montera un condensateur de qualité (voir l'article correspondant: Le condensateur magique) les refabrications nous ayant malheureusement fait oublier l'agrément et l'extraordinaire fiabilité de l'allumage conventionnel, qui en contrepartie d'un peu de soins et de quelques réglages réguliers sera un allié sans failles du bon fonctionnement de nos TA.

 

B- Le module CARTIER (ou VALEO):

 

Montage très connu en 12 Volts, où il fait des merveilles, en 6 Volts il fonctionne mais le démarrage est rendu très aléatoire voire impossible dès que la batterie chute un peu en tension. Ses composants sont calibrés pour fonctionner en 12 V. Dommage car sa réalisation est très sérieuse mais réellement inadaptée au 6 Volts. Eliminé.

 

 

allucartier.jpg

 

 

C- Le module GS Passion:

 

Incontestablement le plus catastrophique de tous les modules testés. Strictement aucun démarrage n'a été possible tant en 4 qu'en 6 cylindres, et même avec des batteries parfaites sortant justes de charge. Ne fonctionne qu'en 12 Volts contrairement à ce qu'annonçait son constructeur. Eliminé ! (plutôt deux fois qu'une ...).

 

 

allugspassion.jpg

 

 

 

D- Module TECHNIBIELLE:

 

C'est celui avec lequel nous avons pu rouler le plus longtemps de manière fiable. Encore assez sensible à la chute de tension de la batterie au démarrage, il semble bien conçu pour un courant primaire permettant un auto-nettoyage efficace du rupteur mais les démarrages sous batterie faible restent trop insuffisants. Eliminé.

 

 

allutechnibielle.jpg

 

 

E- Module VELLEMAN:

 

Vendu sous forme de kit d'un montage facile, sous deux versions 6 et 12 Volts.

Parait assez peu affecté par la chute de tension au démarrage. Par contre, courant primaire réellement trop faible générant de gros soucis d'encrassement du rupteur et des pannes aléatoires fort désagréables, tant sur 11 que sur 15 SIX. Eliminé.

 

 

alluvelleman.jpg

 

 

F- Module REDIS 108:

 

 

Un réel "Collector" conçu dans les années 60 et rarissime en 6 Volts. Nous avons eu l'occasion d'en tester un neuf. Il présente la particularité d'avoir un inverseur sur un côté du boitier pour repasser en allumage conventionnel (il comporte un condensateur intégré) et donc permettre soit de pallier à une panne du module, soit de temps en temps autoriser un auto-nettoyage du rupteur. 

La sensibilité à la chute de tension au démarrage reste moyenne mais bien réelle. Eliminé.

 

 

Redis.jpg

 

 

G- Module Perso:

 

Bien entendu, ne voulant pas en rester là, nous avons il y a quelques années déjà, essayé de développer un module transistorisé "perso".

 

Cahier des charges: Courant primaire suffisant pour un auto-nettoyage du rupteur et surtout, choix de composants fonctionnant sous très basse tension afin de supprimer l'inconvénient de la chute de tension au démarrage.

Les composants et la conception générale étaient issus de la technologie des amplificateurs Hi-FI, bien maitrisés par le concepteur en charge de ce projet.

 

Fonctionnement effectivement réellement extraordinaire, où nous avons obtenu des démarrages sur la compression avec des batteries réellement "à plat" tout juste capables d'entraîner le démarreur.

 

Par contre, module très peu fiable et grillant souvent. Il était facile de protéger le montage des retours H.T. de la bobine sur le circuit inductif du primaire, mais alors il fallait utiliser des diodes induisant une chute de tension (environ 1 Volt) et nous retrouvions un module fiable mais affublé du défaut de démarrage que nous voulions justement éviter: L'art de tourner en rond ... en apprenant.

L'expérience a donc été abandonnée à regrets. Eliminé.

 

 

alluperso.jpg

 

 

 

 

H- En conclusion:

 

Puisque tout est affaire de compromis, mais que nous ne composerons pas sur profiter de TA qui démarrent toujours et restent fiables, sans avoir forcément une batterie chargée à bloc, et permettent de pouvoir rouler sereinement avec un rupteur qui préviendra s'il commence à fatiguer, et ne pas rester "en rade" si un composant invisible a grillé, l'allumage conventionnel reste bel et bien le choix de la raison et s'impose largement.

 

C'est encore aujourd'hui, et pour les kilométrages moyens que nous faisons tous, la solution la plus performante, de réparation facile et rapide, et d'un entretien très abordable et peu contraignant pour celui qui aime les voitures anciennes et leurs petits rituels de maintenance bien sympathiques finalement.

 

L'allumage transistorisé restera donc bien à nos yeux, pour le bon fonctionnement de nos TA en 6 Volts,  la parfaite illustration que "Le mieux est l'ennemi du bien".

 

 

 



08/04/2020
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